La carte communale est un document d’urbanisme, simplifié mais opposable, qui permet de s’affranchir de la règle de constructibilité limitée (CU. L.111-1-2). Sans règlement (au contraire d’un PLU), elle ne peut édicter de règles sur l’implantation ou l’aspect des constructions, ce qui favorise la consternante banalisation du paysage rural.
Pourtant, l’élaboration de la carte commence par un état des lieux de l’environnement, comprenant un diagnostic architectural et paysager, où je vais moi-même très loin dans le détail, exposant le meilleur comme le pire. Je me dis que devant tant de beauté (ou d’horreurs…), les élus vont vouloir pousser l’exercice, jusqu’à tenter de produire une forme urbaine harmonieuse. Une fois, un maire a décidé de transformer sa carte en PLU… un cas rarissime. Mais le plus souvent, on sait bien que ce sera un lotissement standard qui va pousser à l’ombre du clocher roman ou dans la riante vallée…
Alors, je me pose des questions sur la pratique de l’outil « carte communale », dans les limites juridiques de son champ d’application. Par exemple, j’inclus dans le rapport de présentation, en fin de diagnostic, un chapitre de proposition d’aménagement des extensions urbaines. Bien sûr, ce ne sont pas des orientations opposables aux tiers, comme dans un PLU.
Mais imaginons… qu’un service instructeur puisse s’appuyer dessus, pour justifier un refus ou l’exigence de modifications à l’occasion d’une demande d’urbanisme, sur la base des articles R.111-3-2 (futur R.111-4 au 1/10/07) et R.111-21 du CU (conservation et mise en valeur des sites, paysages, perspectives monumentales) ?
S'exposerait-il à l'accusation d'excès de pouvoir ? Une jurisprudence existerait-elle à ce sujet ?
J’attends vos commentaires…